Journal de bord n°2.
- Les Feuilles Sauvages

- 4 oct. 2025
- 3 min de lecture
Il y a mille choses que j'aimerais aborder dans ce journal de bord. J'ai la sensation qu'il fait office de défouloir en plus d'être un blog où je raconte ma vie de fleuriste et de productrice de fleurs.
Je crois qu'aborder le délicat sujet de la fatigue, ça me parle en ce moment.
Après 5 années dans l'entreprenariat en tant que fleuriste-floricultrice, la fatigue, je l'ai pas mal expérimentée. Qu'elle soit liée à une période d'activité intense, une période de stress ou de redescente de nerfs, une période hormonale difficile, une période émotionnellement forte, bref, la fatigue traîne toujours ses sabots pas très loin de moi.
Et j'avoue, un jour, j'ai constaté que j'étais devenue cette personne à qui tu demandes comment ça va et qui te répond tout le temps "ça va, je suis fatiguée". BAH EN FAIT, CA NE VA PAS DU TOUT. Mais comme tout état, quand il devient quotidien et répétitif, on s'habitue presque. Ça devient la norme.
Tu oublies comment c'était, AVANT. Avant cette charge de travail, ce stress et cette pression quotidienne sur l'avenir de ton entreprise. Avant les réveils nocturnes parce que tu as oublié de noter un truc important dans ton agenda. Avant la pression que tu ressens parce que c'est cette entreprise qui te fait vivre financièrement et qui fait vivre un.e ou plusieurs employé.e.s.
La fleur, c'est joli, c'est mignon mais tu n'échappes pas aux contraintes et peurs de toute personne ayant son propre business !
Et malheureusement, on peut te répéter 12 fois par jour "bah repose toi !", figurez vous que CE N'EST PAS SI SIMPLE !. Le repos du corps, oui, mais le repos de l'esprit est bien plus complexe.
Si tu te prends un vrai weekend de 3 jours ou une journée off en milieu de semaine, une part de toi est soulagée et contente, une autre est en stress et ne décroche pas de ce sentiment de culpabilité de "ne rien faire".
Pourtant, on sait bien qu'il est primordial de s'accorder des moments de répit. Mais ne rien faire, même une demie-journée, alors qu'une to-do liste de 4km de long t'attend, ça demande de la force mentale. Et un lâcher-prise de compét'.
Tu te prends une demie-journée de repos, et tu as quand même en arrière-plan des tas de tâches qui tournent, supplément peur de l'URSSAF qui tombe, peur des impôts et du prélèvement TVA, d'une taxe quelconque que tu n'avais pas prévu ou oubliée parce qu'elle tombe une fois par an.
J'ai beau avoir un comptable qui gère très bien, et fait bien son travail (suffisamment rare quand je pose la question aux entrepreneur.e.s autours de moi, malheureusement), cette peur financière plane toujours et peut me mettre dans des états de fatigue extrêmes. Parce que, dans le fond, c'est elle qui guide tout.
Quand tu constates une baisse de chiffre, tu as beau savoir que ton activité est fluctuante, tu stresses et redoubles d'efforts pour travailler et faire rentrer des sous. Et GUESS WHAT, tu t'épuises en général. Pour pas grand chose en prime, la plupart du temps. Des coups d'épée dans l'eau on appelle ça.
Alors en septembre, j'ai tenté un truc: me laisser porter par la "rivière". Travailler en essayant de respecter des horaires corrects (aka bosser moins de 40h/semaine), m'organiser correctement entre la boutique, les plantations au champ et l'administratif en tout genre. Finir le travail suffisamment tôt et avec encore un peu d'énergie pour pouvoir faire des choses pour moi. Que ça soit du ménage, du sport, ou juste bingewatcher une série.
Tenter de récupérer une vie en dehors du travail en somme !
Petits conseils que j'ai tenté d'appliquer: arrêter les to-do listes à rallonge qu'on ne finit jamais parce qu'il n'y a pas assez d'heures dans une journée (ça évite de déprimer en voyant qu'on n'a pas réussi à tout faire et avoir l'impression de ne pas travailler assez ou assez vite); se focus sur une ou deux tâches URGENTES & IMPORTANTES dans une journée, pas plus, et une fois qu'elles sont faites, passer à des tâches moins urgentes qui nécessitent peu d'espace mental; s'octroyer des pauses dignes de ce nom, sans en profiter pour scroller (chose qui détend mais ne repose pas le cerveau au final).
Bref, ce n'est pas parfait, j'ai encore pas mal de fatigue cumulée à rattraper mais je sens que le relâchement est plus facile et plus rapide qu'avant. Je lâche prise (enfin). On s'en reparle quand je serais en plein rush pour les fêtes de fin d'année, pas sûre d'arriver à appliquer encore tous ces conseils ...
Ps: cette photo est incroyable, mais sachez qu'elle a été prise pendant un épisode dépressif sévère, où ma fatigue avait atteint des sommets. Alors méfiez vous des réseaux sociaux, derrière les jolies images se cache parfois un quotidien moins joli qu'on ne le pense.





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